AUTOPORTRAIT (2013) 

Présenté du 31/01 au 30/04/22 au Pavillon Vendôme, à Clichy

Pour l'exposition collective BORDER LINE, commissaire Yvannoé Krüger

"Au bas des escaliers, une porte apparait. En franchissant les marches, elle se dévoile murée. De forme orientale, cette porte évoque l’enfance de l’artiste au Maroc et, plus indirectement, les frontières régulièrement traversées entre ce pays et la France. Chaque briquette représente une transmission qui nous construit ou nous encombre, nous ouvre ou nous cloisonne. La fragilité de cet empilement indique son effondrement possible. Mais peut-être cette chute est-elle souhaitable - voire même essentielle ? - pour l’individu qui passe sa vie à vouloir se construire. Une porte induit un passage de l’intérieur vers l’extérieur, du profane au sacré, du connu à l’inconnu, du conscient à l’inconscient. Un mur protège ou renferme. Avec cet empilement de briquettes qui obstruent la porte, Emmanuelle Ducrocq évoque les murs que l’on crée en soi et qui nous empêche parfois de rencontrer les autres et le monde. Plus politiquement, elle renvoie à toutes ces portes qui se ferment entre l’Orient et l’Occident. La fermeture des portes aux frontières conduit à une fermeture symbolique bien plus importante qu’on ne l’imagine. On barricade les portes au sacré, à l’inconscient, et à l’inconnu qui existe pourtant dors et déjà en nous." Texte en collaboration avec Lou Matthieussent