PRESENTATION

master ART ESPACE / ENSAD de Paris, 2019
formation paysage et écologie / ENSP de Versailles, 2001
DEUG Arts du spectacle vivant / Paris VIII, 1998
Comédienne 1991/1998
Bac C / Maroc, 1987
Née le 14/12/1969 à Marrakech (Maroc)
 
 
 
   IN SITU / Lieu, espace, terre, territoire, habitant, corps

 
 
Quand j'entre dans un espace, il devient tout à la fois le partenaire, la matière et la scène de création. Joute corporelle. Corps à corps. L’œuvre s’immisce dans l’écriture du lieu pour en bousculer la lecture, réveiller et interpeller la relation consciente et inconsciente que nous tissons avec nos espaces quotidiens. Je m'inspire des caractéristiques physiques du lieu, de son histoire, son usage et de ma rencontre avec ses habitants. Je suis particulièrement sensible à sa valeur scénique ainsi qu'à ce qui l'empêche de vibrer, à sa maladie ou son déséquilibre. L’œuvre tel un acteur qui entre en scène devient alors un autre corps qui s'inscrit dans le corps du lieu pour lui répondre ou proposer symboliquement une réparation possible. 
 
 

HABITER L'ATELIER / Pièce, objet, symbole, rituel 

 
Je poursuis ce processus, in situ, en atelier, mais cette fois ci, non point pour y répondre mais pour qu'il soit habité, comme dans une vision ou un rêve. J'interroge et développe mes obsessions : l'ouverture et la fermeture, l'horizontale et la verticale, l'empilement et la répétition. J'active et m'inspire de mon parcours : entre le Maroc et la France, entre le théâtre et le paysage, en passant par la psychanalyse transgénérationnelle. En atelier, des objets que je choisis pour leur valeur symbolique entrent en scène. Des constructions émergent. Cela conduit à la production d'actes en lien les uns les autres. L'atelier est habité. Espace à soi, Rituel, Aire du je ou Cabinet de curiosité...


En sortant de ma formation en paysage, en 2011, je commence à écrire des projets pour questionner avec les habitants la relation que nous entretenons avec nos espaces quotidiens : comment les habitons nous ? Est ce qu’ils nous habitent ? Est-ce que nous les subissons ou les créons ? Sommes nous en osmose ou en distance ? Je conçois dans un premier temps un dispositif itinérant intitulé « Un cadre dans la ville », à la frontière de l’art et à la limite d’une enquête sociale. Par la suite, quand le cahier des charges d’une résidence me demande de faire participer les habitants, quelque soit la forme  finale de l’œuvre, je finis toujours par  les interroger et récolter leur parole. Cela passe souvent par l’écriture. Elle fait partie de la création. L’habitant sait le lieu qui l’a vu naitre et qu’il pratique. Sa parole est souvent d’une acuité extraordinaire, critique ou poétique, visionnaire et concrète. J'aime la recevoir.
 
Habiter l'atelier est une transformation du lieu afin qu'il soit habité, comme dans une vision ou un rêve. Intervention in situ dans l'espace de l'atelier et/ou mise en scène d'objets choisis pour leur valeur symbolique, en résonance avec l'espace qui les accueille. Cette transformation fait œuvre en devenant, tour à tour, une pièce à soi, une aire de je, un espace rituel ou un cabinet de curiosité. A chaque installation, une histoire se dévoile, souterraine. Ce processus puise son inspiration dans les différents passages de mon parcours : du théâtre au paysage, du Maroc en France, en passant par la psychanalyse transgénérationnelle. Il interroge mes obsessions : verticale et horizontale, ouverture et fermeture, empilement et répétition. Parfois, dans l'atelier ou hors de l'atelier, une construction émerge et devient sculpture ou dispositif dans l'attente de s'incorporer à la mise en scène. Au sein de ce processus, certains actes, (l'objet et l'espace qui s'impose autour) peuvent s'extraire du contexte de l'atelier et s'exposer séparément.